FRPGL
Fédération Royale des Professeurs de Grec et de Latin (asbl)
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Alertées par le nombre important de questions reçues, la Fédération Royale des Professeurs de Grec et de Latin (FRPGL) et l’Association de la Communauté française pour les langues anciennes (ACFLA) ont lancé ces deux premières semaines de juillet un vaste sondage.
Près de 200 enseignants ont répondu à cette enquête en pleine période de vacances d'été. Rapporté aux 600 à 700 équivalents temps plein que représentent les professeurs de langues anciennes en Fédération Wallonie-Bruxelles, ce taux de participation est exceptionnel. Il traduit l’ampleur des préoccupations et l'urgence ressentie sur le terrain.
Le constat est net : près d'un enseignant sur trois fait aujourd’hui état de la précarité de sa situation professionnelle pour la rentrée 2026 et de son incapacité à la préparer sereinement.
Les témoignages recueillis révèlent une profonde inquiétude. Les enseignants dénoncent l'absence d'informations fiables, les changements de dernière minute, des promesses non tenues et le sentiment d'avoir été induits en erreur pendant plusieurs années quant aux conséquences de la réforme. Beaucoup découvrent aujourd'hui qu'ils devront assurer des cours pour lesquels ils n'ont reçu aucune formation, alors que la rentrée approche à grands pas.
Au-delà de leur situation personnelle, au-delà même du cours de latin, c'est la qualité de l'enseignement qui inquiète. Comment garantir des apprentissages solides lorsque les attributions restent floues et/ou incomplètes à quelques semaines de la reprise ? Comment préparer des séquences pédagogiques de qualité lorsque les enseignants ignorent encore les disciplines qu'ils devront enseigner ?
La Fédération Wallonie-Bruxelles dispose d'enseignants compétents, expérimentés et profondément investis dans leur métier. Pourtant, faute d'anticipation et d'une gestion suffisamment claire, leurs compétences sont aujourd'hui sous-exploitées, voire empêchées. Cette situation est d'autant plus incompréhensible que certains enseignants, pourtant nommés depuis de nombreuses années, vivent dans l'incertitude quant à leur avenir professionnel.
Le paradoxe est manifeste. Dès 2027, dans le cadre du tronc commun, le latin sera introduit pour l’ensemble des élèves de deuxième secondaire à raison de deux périodes hebdomadaires. La discipline n'est donc nullement appelée à disparaître. Il est dès lors incompréhensible que l'on disperse et déqualifie aujourd'hui les enseignants dont le système aura précisément besoin demain pour tenir cette promesse.
Derrière les chiffres et les réformes se trouvent des femmes et des hommes, des élèves et des familles. Ce qui est en jeu aujourd'hui dépasse largement la question des langues anciennes : c'est la capacité de notre système éducatif à offrir, dès la rentrée, un enseignement de qualité, préparé dans des conditions dignes et respectueuses des professionnels qui le font vivre.
La situation des professeurs de langues anciennes en Fédération Wallonie-Bruxelles : des chiffres alarmants
Les résultats de l'enquête menée en ligne conjointement par la Fédération Royale des Professeurs de Grec et de Latin (FRPGL) et l'Association de la Communauté Française pour les Langues Anciennes (ACFLA) dressent un constat particulièrement préoccupant.
235 enseignants ont répondu à l'enquête, dont 214 actuellement en fonction dans l'enseignement secondaire. Parmi eux, 177 sont titulaires du titre requis pour enseigner les langues anciennes.
Près de 70 % des répondants déclarent qu'ils perdront des heures dès la prochaine rentrée scolaire, conséquence directe des réformes en cours.
Cette précarisation touche désormais aussi les enseignants les plus expérimentés : 66 % des enseignants nommés annoncent une perte d'heures, contre 87 % des enseignants temporaires.
Pratiquement tous les professeurs de langues anciennes sont impactés par les réformes successives, notamment la suppression du latin en première année du secondaire et l'extension de la charge complète à 22 périodes dans le degré supérieur. Ces mesures produisent un véritable effet domino, entraînant des redistributions de charges et retirant des heures à de nombreux collègues.
Pour les enseignants concernés, les pertes représentent en moyenne entre 11 et 14 périodes de cours, soit une diminution considérable de leur charge de travail et, pour certains, une remise en question de leur avenir professionnel.
Face à cette situation, les enseignants se sentent particulièrement démunis : 59 % déclarent n'avoir reçu aucune information de leur organisation syndicale, quelle qu'elle soit.
13 % des répondants ne sont affiliés à aucun syndicat.
Enfin, seuls 10 % des enseignants estiment avoir reçu des informations de la part de leur organisation syndicale concernant les conséquences concrètes de la réforme sur leur situation.
Ces chiffres témoignent d'une inquiétude profonde et d'un manque d'accompagnement qui alimentent un climat d'incertitude inédit à quelques semaines de la rentrée scolaire.
L'enquête révèle que les réponses apportées par les pouvoirs organisateurs et les directions restent, à ce stade, très insuffisantes.
· 35 % des répondants déclarent n'avoir reçu aucune solution de la part de leur direction quant à leur situation pour la rentrée.
· Lorsque des pistes sont évoquées, elles consistent le plus souvent à attribuer des cours en dehors des langues anciennes, notamment en français (31 %), en accompagnement d’élèves (37%) ou dans d'autres disciplines (12 %), sans qu'aucune garantie ne soit apportée quant au maintien du barème correspondant à leur titre ou à leur fonction.
· D'autres solutions sont envisagées au cas par cas : intégration dans le plan de pilotage, missions d'accueil, coenseignement, soutien à la direction, tâches administratives, gestion de bibliothèque, remplacement d'un collègue partant à la pension, dédoublement de classes ou encore recherche d'un complément d'horaire dans un autre établissement. Certains enseignants sont ainsi amenés à devenir de véritables « bouche-trous », affectés en fonction des besoins du moment plutôt qu'en fonction de leurs compétences et de leur expertise disciplinaire.
Les professeurs de langues anciennes ont toujours fait preuve d'une remarquable capacité d'adaptation. Depuis des années, ils acceptent de multiplier les projets, les collaborations et les initiatives afin de démontrer la richesse et la pertinence de leur discipline. Mais cette capacité d'adaptation ne peut justifier une précarisation permanente de leur fonction.
Cette enquête constitue une photographie de la situation à la mi-juillet. La réalité de la rentrée pourrait encore se révéler plus préoccupante, de nombreuses décisions n'étant attendues qu'à la mi-août.
Un écart manifeste apparaît entre les déclarations rassurantes des autorités et la réalité vécue dans les établissements scolaires. Alors que la période estivale devrait permettre aux enseignants de préparer leurs cours, beaucoup demeurent dans l'incertitude la plus totale quant aux matières qu'ils devront enseigner. Cette situation les empêche de mettre à profit les vacances pour concevoir des séquences pédagogiques de qualité. Or, préparer un nouveau cours ne s'improvise pas en quelques jours, a fortiori lorsqu'il s'agit d'une discipline pour laquelle aucune formation n'a été reçue et qui ne relève ni de leur domaine d'expertise ni de leur vocation.
Comme le montrent les nombreux témoignages reproduits en annexe, les enseignants expriment avant tout une profonde inquiétude : celle de ne plus être en mesure d'offrir à leurs élèves un enseignement de la qualité qu'ils s'efforcent de garantir depuis le début de leur carrière. Au-delà des pertes d'heures, c'est la reconnaissance de leur métier, de leurs compétences et de leur engagement qui est aujourd'hui mise à mal, au moment précis où le déploiement du tronc commun s’apprête à en avoir plus que jamais besoin.
Les conseils d’administration de la FRPGL et de l’ACFLA
- Témoignage 1 : Malgré 5 années d’études universitaires, je n’ai aucune formation pour faire face à ce qui va m’être demandé l’an prochain. Et contrairement à ce qui avait été annoncé il y a quelques années, aucune formation ne nous a été proposée pour donner d’autres cours. Je suis dans le flou pour cette prochaine rentrée et pour les suivantes et très triste quant à l’avenir des langues anciennes...
- Témoignage 2 : je me pose des questions véritables si cela vaut la peine de continuer dans l’´enseignement alors que j’ai 49 ans nommée depuis 2009 et je ne supporte plus de vivre dans la peur.
- Témoignage 3 : Le plus difficile est la confusion qui règne encore sur les modalités exactes.
- Témoignage 4 : Si je veux rester dans mon école (dans laquelle je suis depuis 15 ans), je dois donner du français, plusieurs cours et années différentes.
- Témoignage 5 : Mon pouvoir organisateur est actuellement absent. La seule information que j'ai reçue est qu'en raison de ma nomination, je devrais bénéficier d'un horaire complet au sein du PO… mais rien ne garantit que celui-ci sera constitué de cours de langues anciennes. La réponse officielle ne me sera communiquée qu'au mois d'août. Dans ces conditions, comment préparer des cours dignes de ce nom ? Comment offrir aux élèves un enseignement de qualité lorsque l'on ignore encore les disciplines que l'on devra enseigner à quelques semaines de la rentrée ?
L’assemblée générale s’est ouverte par un mot d’accueil de Nicolas Meunier, qui a rappelé l’importance et la vitalité persistante des langues anciennes.
Ensuite, Jean-François Van Drooghenbroeck, Vice-Recteur aux affaires étudiantes, est intervenu en citant : « Ce qui nous a élevé, nous élève. »
La Ministre Valérie Glatigny a pris la parole à son tour. Elle a évoqué la place des langues anciennes dans son propre parcours ainsi que dans celui des élèves, avant de présenter des éléments relatifs au déploiement et à la mise en œuvre du tronc commun.
Les présidentes, Lucie Galgano (FRPGL) et Claire Verly (ACFLA), sont ensuite intervenues. Un hommage a été rendu à Laurent Duchesne. Elles ont plaidé pour le maintien des langues anciennes dès la 1re année. Lucie Galgano a souligné l’absence du grec dans l’apprentissage des langues anciennes tel que prévu par le Pacte d’excellence et a affirmé : « L’enseignant devient un filtre à fake-news ». L’importance du rôle des professeurs de langues anciennes dans le développement de l’esprit critique des élèves a été rappelée. Il a également été mentionné que « les profils recherchés dans le secteur de l’emploi seront les métiers manuels et les personnes à profil atypique ». Il en a été conclu que parier sur le latin et le grec revenait à parier sur l’avenir.
Le compte-rendu de l’assemblée générale 2025 a ensuite été soumis à approbation et a été approuvé.
Le rapport d’activités 2025 de la FRPGL a été présenté. Des remerciements ont été adressés au Fonds Alexis Liénard. Le journal Le Prométhée déchaîné a été présenté, de même que le développement de la présence en ligne (site Internet et LinkedIn) et le renforcement des liens avec EuroClassica. Une journée de formation en ludopédagogie a été évoquée. Un retour a été effectué sur les concours de version latine et grecque. La journée Καλο ταξιδι a été mentionnée, ainsi que la venue d’Istoar, proposant un mélange de rap, de blues, de déclamation poétique et d’inspiration orientalisante. La journée Otium au site archéologique de Waudrez et au Forum antique de Bavay a également été rappelée. Enfin, une rencontre avec Monsieur Soupart a été évoquée, celle-ci ayant conduit à une rencontre avec Madame la Ministre Glatigny.
Le rapport d’activités 2025 de l’ACFLA a ensuite été présenté. Il comprenait le concours de latin, accompagné d’un hommage au professeur Jacques Marneffe. Les Quaestiones naturales, liant médecine et langues anciennes, ont été mentionnées. La journée Fabulae, organisée à l’espace gallo-romain, a été évoquée (présentation d’affiches, saynètes et ateliers sur le théâtre et les caricatures). La journée Panem et circenses, organisée à l’Archéoforum de Liège et ayant accueilli l’équipe de Gladia Armatura, a également été mentionnée. Enfin, le concours des Iuuenalia a été rappelé.
Les comptes ont ensuite été présentés par Carine Bamps (ACFLA) et Patrizia De Zan (FRPGL), trésorières des associations. À cette occasion, Carine Bamps a encouragé les collègues à rejoindre les conseils d’administration des associations. Il a été annoncé que le journal passerait à une version numérique en janvier 2027, en raison du caractère non pérenne du Fonds Alexis Liénard. Les comptes ont été approuvés.
L’assemblée a ensuite procédé à l’élection des membres du comité. La décharge a été accordée aux administrateurs, sans opposition. Le comité a dès lors été approuvé.
Enfin, les activités d’EuroClassica ont été présentées, notamment le colloque organisé à Sofia (Bulgarie) du 18 au 21 août 2025. Des remerciements ont été adressés à Fabienne Paternote et Hubert Maraite.
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Source : https://genevievegobbo.wixsite.com/langues-anciennes/cours-en-ligne